Approche le moment tant attendu : 8 hommes, un titre, une grosse baston. Plus précisément : 3 catcheurs, 1 nain et 4 bestioles vont se départager à coups de beignes pour une place dans le hall of femmes. Tout un programme. Le suspens est insoutenable. Même le moteur de combats n'a pas supporté ce trop plein d'émotions... Et dans tout ça, où en sont les pronostiqueurs ?
Le verre à demi plein
Nous avions constaté en quarts que les favoris étaient tous passés, et que le tableau reprenait sagement le cours normal des prévisions. Le match Berbères-Dreanen était de cette facture, et nous avons assisté à un laminage en bonne et due forme des hommes de Quéhé. Fatigue, moqueries, grosses baffes, diversions : toutes les méthodes ont été bonnes pour assurer une annihilation complète d’un adversaire moins bien fourni. L’écart était grand, l’écart était fort, et probablement très beau avec ses épaisses moustaches noires…
En revanche, le bas de tableau a de nouveau tapé dans la fourmilière. (Et Grmblmblm, me revoici en train de comenter mes propres matchs…)
En alignant une équipe de papis expérimentale, le fils de Mohja s’exposait à de potentiels déboires. Récapitulons : quatre vieillards à poil dans une arène, sans gros cogneur, sans pareur, planqués derrière un homoncule éphémère et complètement débile qui n’a ni le gout, ni la couleur du vieux rusé…
Il a tout de même fallu les plantages successifs de Syd et Foulbit, et l’utilisation d’un stratagème vicieux pour que mes troupes sans foi ni loi en viennent à bout. C’est la surprise du chef, je ne l’avais même pas envisagée dans mes propres pronos : on est comme ça à la rédaction, on ne se contente pas de ne pas prédire les surprises, nous faisons aussi en sorte qu’elles aient lieu.
Le banquet du nain
Les Berbères – blairox armada
(18 – 0)
Quelles sont les chances d’assister à un n-ième coup de tonnerre pour cette finale inédite et sans doute non-reproductible ?
Parmi les éléments de réponse, les chiffres sont tranchants comme l’acier : il est extrêmement rare de voir une équipe gagner une rencontre alors qu’elle n’a aucun vote en sa faveur. Cela signifie que ni les fans inconditionnels, ni ceux qui connaissent bien l’équipe, et plus particulièrement son entraîneur, n’envisagent la victoire. Quand on se souvient que dans les tournois précédents, 3 pronos donnaient l’armada vainqueurs face aux Rapaces, difficile d’espérer autre chose qu’une rouste. Surtout qu’oxyres est un véritable croqueur d’atlantes depuis le début du tournoi.
Mais voilà, jamais auparavant une équipe hors du top 10 n’avait atteint la finale d’un tournoi, et pour vivre ce moment pleinement il faut croire en ses chances. Les rédacteurs sont assez sûrs du triomphe d’oxyres (6 votes à 0), mais laissent une infime fenêtre pour l’exploit, avec 22 votes pondérés à 8.
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Petit bilan sur les pronos
Avec le résultat du dernier match, tombe aussi celui du meilleur pronostiqueur : à combien de fautes peut-on encore espérer gagner ? Quelles sont les erreurs qu’il ne fallait pas faire, ou les bons coups qui peuvent faire la différence ?
50% du tableau sans accroc
Le premier et le dernier quart du tableau n’ont pas produit de surprises majeures, donnant généralement lieu à des matchs où un archi-favori passait sans encombre au tour suivant. Seul match potentiellement plantageogène : Les Nains contre la Léonade, où 1/3 des parieurs se sont vautrés. Cependant, comme nous allons le voir, une belle performance sur les deux autres quarts de tableau peut tout à fait rattraper un dérapage ici.
Les 50% restant : du cataclysme atlante à Lady-namite
Dans le deuxième quart, la grosse sensation est venue de Dreanen, grosse cote dès le deuxième tour qui s’est faufilé jusqu’en demi-finale. Il y avait deux autres erreurs possibles en sous-estimant le KarmianSquad, et surtout la GF Corp de Vic au premier tour.
7 personnes ont trouvé le bon demi-finaliste, mais probablement une partie d’entre-eux est tombée dans l’un des autres pièges : Faire le sans faute sur cette partie, c’est prendre une sérieuse option sur la cagnotte. 1 faute c’est bien. 2 fautes, c’est un handicap mais ça reste jouable. Faire 3 fautes, c’est se contraindre au miracle sur le reste du tableau pour espérer gagner.
Le troisième quart se joue en deux gros coups compte-double : les Ladies au premier tour puis au deuxième (trouvé par 7 d’entre nous), la blairox armada au second jusqu’en demies (11 votes).
Alors, à combien de fautes le meilleur prono ?
Si les paris étaient indépendants les uns des autres, alors la probabilité pour un joueur de trouver simultanément Dreanen en demie – Lady en quarts – Blairox en demie serait légèrement inférieure à 1/100.
Cependant, le fait qu’il y ait deux Atlantes dans les grosses surprises n’est pas anodin, car dans ce cas là, les paris sont loin d’être indépendants. On peut raisonnablement supposer que 5 joueurs ont simultanément pariés sur Dreanen et Blairox : dans ce cas, il y’a 60% de chances que l’un d’entre eux ait aussi parié sur Lady. S’il a fait 2 fautes sur le reste du tableau, plus 1 en demie, il sera difficile d’aller le chercher. A 4 fautes, il a encore de bonnes chances de gagner.
Un autre scénario possible pourrait venir de l’un des trois qui ont parié blairox jusqu’en finale : il y a certainement des aficionados des atlantes dans le tas, donc des votes pour Quéhé jusqu’en demies. Avec les deux fautes sur Ladies, plus une à deux fautes sur le reste du tableau, ça peut passer aussi.
En conclusion, si quelqu’un me sort un prono parfait sur cette edition, je descend les champs-élysées à poil en faisant le poirier. Si quelqu’un est à moins de deux fautes à l’heure où j’écris, c’est un dieu vivant du prono et nous devons le vénérer sans plus tarder. Si quelqu’un est à trois fautes, c’est une vraie prono-star, il est quasi-sûr de remporter le jackpot et a de fortes chances de ne pas le partager... Mais ça pourrait aussi se jouer à quatre fautes, avec éventuellement 2 gagnants.
Après un tournoi aussi chaotique, je ne serais pas surpris de voir des scores historiquement bas sur le gain de la cagnotte.
Oh, et si par hasard je devais gagner la finale, rajouter une faute à tout le monde, et garder la même analyse

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